TEXTE  DE DAVID GIROUX    de la revue Abeilles en liberté N° 6

Les apiculteurs cherchent toujours une solution pour réduire la présence des varroas : traitements chimiques conventionnels ou bio, tisanes biodynamiques, traitements mécaniques, suppression des cadres de faux bourdons, feuilles de cire gaufrées en cellule d’ouvrière uniquement etc… « Comment font les abeilles à l’état sauvage ? » Il y a un principe simple souvent oublié : la distance entre les ruches. Elle influe grandement sur la pression du varroa.

La densité de ce rucher ne permet pas aux abeilles un repérage aisé, les couloirs d’envols se superposent, s’entrecroisent et les odeurs de phéromones se mélangent favorisant la dérive

Regardons en détail ce que les scientifiques ont découvert. « Si je capture un essaim naturel issu d’une colonie sauvage autonome depuis plusieurs années, cela signifie-t-il que j’aurai la chance de pouvoir hériter d’abeilles résistantes au varroa ? ». Cela demande une prise de recul, est-ce uniquement de la génétique ? Comparons tout d’abord ce qui est comparable. Il y a une grande différence entre une colonie issue d’un arbre creux isolé sans présence d’autres colonies dans les environs, jamais visitée, divisée ou déplacée, dans un tronc qui fait environ 15 cm d’épaisseur, une entrée située à 6 mètres de hauteur, un petit volume intérieur d’environ 40 litres, nourrie exclusivement au nectar et pollen, avec des parois rugueuses permettant une présence importante de propolis  et un essaim que vous placez dans une ruche de grand volume, avec une épaisseur de bois standard de 25 mm, posé à 20 cm du sol, visité et agrandi régulièrement, divisé, transhumé et placé au milieu d’une dizaine de ruches similaires. Pensez-vous que les conditions de vie sont les mêmes ?

LA DISTANCE, UN PARAMÈTRE IMPORTANT Prenons un des paramètres présentés ci-dessus et qui fait la particularité des conditions de vie des colonies sauvages. En observant les abeilles mellifères à l’état naturel, on réalise qu’un point est souvent négligé en apiculture : il s’agit de la distance à laquelle ces cavités sont les unes des autres et par conséquent à quel intervalle tout apiculteur amateur devrait placer ses ruches s’il souhaite dupliquer ce comportement. Bien entendu il serait intéressant que les constats qui vont être présentés dans cet article soient appliqués dans l’apiculture professionnelle mais la productivité semble difficilement compatible avec le respect de ces distances. Cependant, il me semble important de cesser de prendre exemple sur l’apiculture professionnelle pour gérer un petit rucher amateur ; les contraintes économiques et le but ne sont pas les mêmes. Offrons à nos abeilles les meilleures conditions de vie possible sans rester dans la croyance que la profession implique l’exemple ; les démarches sont différentes donc les méthodes n’ont pas à être similaires.

COMMENT AGIR CONCRÈTEMENT : y Dispersez le plus possible vos colonies sur votre terrain ; si vous avez une grande propriété, la mise en application est simple. Dans le cas contraire, limiter le nombre de vos colonies est une idée, ou bien faire le lien avec vos voisins et les inciter à héberger une de vos colonies aidera vraiment les abeilles. Vous en aurez moins sous vos yeux mais votre action sera plus bénéfique. Ayez des modèles de ruches différentes, ruches Warré, ruche paille, ruche tronc… les modèles distincts à défaut des toits différents aident grandement les butineuses à les différencier. CE QUE LES ABEILLES DISTINGUENT

 

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