Les abeilles et les arbres ont été des compagnons intimes, ils ont vécu ensemble depuis des millions d’années. Haut au-dessus du sol, dans l’utérus d’un arbre et la profondeur des forêts anciennes, elles prospéraient dans les creux de petits arbres et y vivaient en cohérence intime avec un voisinage de plusieurs espèces. C’est là que la morphologie et la vie de la colonie (l’apian), ses actes reflètent ce berceau écologique primordial. Un réseau écologique, composé d’une communauté multi-espèces participe à la genèse de la cavité : pics, champignons et bactéries, insectes, chauves-souris et autres mammifères à quatre pattes

On ne peut que se demander si, et comment, les arbres contribuent à ce processus ? Suivent-ils leurs propres visions en acceptant la croissance d’organes api-arboréaux ressemblant à un utérus ? L’habitation destinée à l’être abeille arboricole ressemblant bien à un utérus. Cette connexion colonie/arbre s’opère en hauteur, on la trouve souvent à 3 à 5 m au-dessus du sol. Il y a une affinité naturelle de l’abeille avec le biome ambiant des écosystèmes arboricoles qui ont des qualités nourrissantes et synergiques. Le nid douillet est entouré de parois épaisses et bien isolantes. Les fibres du bois agissent comme un accumulateur de chaleur et soutiennent également le processus physiologique en régulant la température de la colonie (comme un corps de mammifère) ainsi que la régulation de l’eau, constituant ainsi un environnement idéal pour l’intérieur du nid.

 

 

L’extrême contradiction des habitats

Lorsque nous examinons le paradigme apicole contemporain dans ce contexte, nous trouverons une extrême contradiction entre les nids sauvages des abeilles mellifères et les parois minces des ruches de production. L’impact sur la gestion de l’eau en est un exemple : en raison de l’isolation insuffisante des ruches à parois minces, toute la physiologie de l’essaim est affectée et les points de rosée de l’eau peuvent se trouver à l’intérieur de la ruche. Cela conduit à son tour à la condensation de la vapeur d’eau sur les murs du nid (coins froids) ce qui a un impact sur la santé et le bien-être des abeilles à plusieurs niveaux.

Ces problèmes de condensation induisent un éloignement des critères naturels du nid des abeilles et de la composition de son microbiome apien… La délicate dynamique interne en sera affectée et se concrétisera par l’apparition de moisissures et autres micro-organismes non symbiotiques qui se répandent et créent un dysfonctionnement. À l’inverse, les nids arboricoles sauvages fournissent les conditions appropriées pour le bien être physiologique et émotionnel de l’être apien, la colonie.

Documentaire « Rewilding Honeybees » réalisé par Michael Thiele

Total Page Visits: 272 - Today Page Visits: 35